Lutte contre la pauvreté : des mesures au lieu dun plan

Le Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy, a annoncé aujourdhui à Compiègne, à loccasion dune table ronde sur la grande pauvreté, plusieurs décisions sur ce sujet : une enveloppe de 20 millions dEuros en 2009, pour les associations qui distribuent de laide alimentaire, affectés à « lamélioration de leurs entrepôts » et une seconde enveloppe de 160 millions dEuros affectés à lamélioration des centres dhébergement.

Face à ces initiatives, le Secours Catholique regrette que lurgence de mettre en uvre, en ces temps de crise, une politique de lutte contre la pauvreté plus ambitieuse, soutenue par un effort financier conséquent, ne semble pas avoir été retenue par le Président de la République.

Le Secours Catholique prend acte de lénorme disproportion entre ces montants et ceux alloués ces dernières semaines pour venir en aide à divers secteurs de léconomie.

Laide alimentaire, même en la renforçant, ne peut en aucun cas servir de politique sociale face à la crise, même si, facile daccès, elle est utile en situation durgence pour passer un cap clairement identifié.

Ce sont bien lensemble des minimas sociaux quil faut augmenter pour que les plus pauvres puissent subvenir par eux mêmes à lensemble de leur besoins, dont les besoins alimentaires. En 2007, 93% des situations rencontrées par les équipes du Secours Catholique ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (880 Euros)

Investir dans la lutte contre la pauvreté, cest injecter directement par la consommation des bénéficiaires, de largent dans léconomie réelle.

En ce qui concerne laide affectée pour lamélioration des centres dhébergement, il y là aussi disproportion entre les dix mesures préconisées par Martin Hirsch et cette simple annonce. Si la création de 1000 places dhébergement supplémentaires peut-être accueillie favorablement, un effort de grande ampleur en faveur du logement très social reste indispensable et urgent.