Béziers, France A 3H40, dans la nuit du 26 au 27 juin 2005, un incendie s'est déclaré dans une usine de pesticides au sud-est de Béziers (34). Au moment de cet incendie, 2000 tonnes de ces produits étaient stockés et emballés sur le site. Une importante fumée s'est dégagée. Aux alentours, de nombreuses personnes dormaient fenêtres ouvertes, à cause de la chaleur, s'exposant inconsciemment à ce nuage toxique. Lundi, nous avons été alerté de cet accident par une riveraine inquiète de ne pas avoir d'informations et de consignes claires de la part des autorités publiques. Aucune cellule de crise n'a été mise en place.

Une station de mesure a été "réquisitionnée" pour assurer le suivi notamment de dioxyde de soufre qui selon la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) présentait des taux de 300 micro-grammes par mètre cube en dessous du seuil d'alerte établi à 500. La recherche spécifique du dioxyde de soufre s'explique par la présente en grande quantité d'un pesticide, l'aldicarb (famille des carbamates). La DRIRE nous a assuré que très peu de produits organochlorés étaient sur le site. La question des dioxines aurait été abordée mais les sapeurs pompiers de Marseille venus en renfort n'en ont pas détecté en quantité suffisante pour poursuivre le suivi.

A l'heure actuelle, l'origine de cet incendie est inconnue et l'étude danger (disposition légale préparée par l'entreprise pour permettre aux autorités d'évaluer le risque et de le gérer le cas échéant) est à jour. La probabilité d'un incendie avait bien été envisagée dans cette étude mais elle ne prend pas en compte les 4 bâtiments de stockage de produits ! Selon les riverains et quelques représentants du corps médical, la gestion de crise a été catastrophique. Le 6 juillet,  toujours aucune information na été donné sur les produits partis en fumée
Quelques jours auparavant, un autre accident a eu lieu dans une unité de production de polystyrène appartenant à Total Petrochemicals à St Avold (57). Par chance, le pire a été évité car le styrène dégagé par cet accident n'a pas été en contact avec une flamme. 

En 2003, la loi sur les risques industriels était amendée suite à la catastrophe de Toulouse. A cette époque, Greenpeace avait critiqué les nouvelles dispositions de cette loi car comme nous le craignions, elle n'a pas apporté d'amélioration sur la gestion du risque.  L'incertitude liée à certains éléments ne sont pas pris en compte. De plus, l'incertitude devrait se traduire par l'application du principe de précaution, qui est toujours vivement critiqué par les industriels dans le contexte du développement de la directive européenne REACH (http://www.greenpeace.org/france/campaigns/toxiques/responsabilite). Pourtant cette approche se justifie une fois de plus de l'aveu même de Mr Bergougnan, directeur de l'usine Total Petrochemicals à St Avold (57) en réaction à l'accident: "... nous avons sous-estimé certains risques et notre communication a été plus que défaillante, c'est peut-être un problème de compétences."

Ces 2 évènements s'ajoutent à ceux de la plate-forme chimique de Pont de Claix près de Grenoble dans les derniers mois. Les leçons de Seveso, Bhopal et Toulouse n'ont donc pas été retenues pour insuffler un changement de politique industrielle. Les entreprises dites responsables doivent aller dès maintenant au delà des dispositions légales et appliquer les principes de précaution et de substitution comme pierre angulaire de la gestion du risque aigu lors d'accident mais aussi du risque chronique.